Les grandes marées …. je vous emmène à la pêche

Les grandes marées …. je vous emmène à la pêche. C’est un week-end de grandes marées qui s’annonce. Aujourd’hui le coefficient  se situera entre 91 et 97 pour atteindre   107  dimanche, 106 lundi  puis redescendre progressivement et se retrouver  dimanche 12 novembre  à seulement 51 !

Pour les amoureux  de Noirmoutier, grande marée rime avec  pêche à pied. En effet pendant ces périodes qui se renouvellent plusieurs fois par an, la mer se retire beaucoup plus loin  et donc découvre  de nouvelles zones de pêche. Notre ile  est un petit coin de paradis pour les pêcheurs et si l’ on a coutume de montrer le Gois,  on peut  aller « grattouiller » un peu partout  sur nos côtes.

Aujourd’hui j’ai choisi de vous  emmener  ramasser des pétoncles. C’est une pêche que je  pratique avec mon père lorsque nous le pouvons. Notre point de départ se situe devant leur maison  entre le moulin du Both et  » le fier » à la Guérinière.

Avant   le départ  il  y a cependant  un petit cérémonial à accomplir …..

  • vérifier que les bottes  en caoutchouc  ne prennent pas l’eau !
  • quel  panier  emporter ?
  • une griffe  pour  gratter le sol ou pas… chacun sa technique ( pour moi c’est à main nue)
  •  penser à l’indispensable   K Way,
  • à partir de quelle heure la mer remonte ?

Nous voici donc   prêt à partir. Toujours un peu frisquet au départ avec une petite brise  de face mais  la balade pour rejoindre le lieu de pêche est si belle, le temps  souvent très lumineux pour les grandes marées, les couleurs   carrément sublimes entre le ciel, le trait de mer au  fond qui  scintille, les flaques,  les ruisseaux laissés  par le courant descendant, l’étendue  devant nous où se mêlent  quelques algues, des rochers, des bancs de sable bien fermes.

Pour profiter au maximum de la marée nous partons  lorsque la mer descend encore car l’étale, c’est à dire le temps entre le moment ou la mer fini de descendre et celui ou elle remonte n’est que de 30 minutes.

Nous dépassons les parcs à huitres  dans la baie de la Guérinière sans faire attention aux trous de palourdes, de couteaux ou d’huitres accrochés à leurs rochers car notre but aujourd’hui est le pétoncle.

C’est quoi un pétoncle ? cela ressemble à une petite coquille saint Jacques, c’est aussi délicieux, facile et rapide  à cuisiner ( en salade, grillés avec  un persil aillé , avec des pâtes ……), elle se cache dans la baie   et on ne la trouve sur nos côtes que lorsqu’il y a de forts coefficients de marées.

Nous marchons vite, pressé par le temps, la sensation de fraicheur a disparue et le K way devient  même par moment   superficiel. Je me dis que nous avons une chance inouïe de pouvoir profiter de ce cadre  exceptionnel  et de ce moment.

Nous ne sommes pas seuls  mais  ce ne sont pas les gens que nous entendons car chacun est concentré   sur ce qui se passe à ses pieds mais  la vie   animale à marée basse qui me fascine toujours . C’est un gargouillement   permanent !

Nous voici enfin arrivés,   la mer continue de descendre mais nous décidons de rester là. Entre banc de sable,  rochers et  flaques d’eau. Il faut du temps  aux yeux pour s’habituer  à reconnaitre le précieux coquillage. Souvent accroché à un rocher, il peut aussi être posé sur le sable,  soit à découvert soit dans l’eau. Il n’y a pas vraiment de règle. Parfois aussi le pétoncle en se refermant    projette un jet d’eau  qui nous permet de deviner son  endroit.

Après un  moment je commence à  adopter la bonne technique. Dans un premier temps je ne retourne jamais un  rocher ou si je dois le faire je le remets  immédiatement  en place.  Je suis  toujours agacée  lorsque je vois des pêcheurs à pied « labourer » littéralement  le sol.  J’observe  longtemps, je laisse mes yeux s’habituer aux reflets, aux couleurs, je préfère pêcher quand il y a un peu d’eau, je devine  plus que je ne vois  le pétoncle.

je laisse trainer ma main dans l’eau en écartant doucement les petites algues, je repère les rochers  et le voilà,  souvent  sur la tranche, on ne  voit que  la bordure  claire et dentelée de sa coquille car le reste  est de la couleur  du milieu naturel et se confond avec  l’environnement . C’est un moment magique !

Nul besoin de gratter   frénétiquement le sol et de bousculer  la nature, il suffit  simplement de prendre le temps de la regarder.

je  laisse  toujours  de coté les  coquillages trop petits ( en dessous de 4 cm).  Je compte   ma pêche,  j’aimerai  cuisiner  un repas  complet  avec  en entrée des pétoncles   grillées  avec beurre et persil et ensuite  des pâtes  avec mes coquillages  rehaussés d’ une super huile d’olive et un bon parmesan râpé  au moment de servir …… un régal.

Je déteste le « pillage » aussi je ne ramasse jamais plus  que ce dont j’ai  besoin.

Je relève la tête, les gens autour commencent à faire demi-tour, la mer remonte déjà.  Le temps passe très vite, on est tellement concentré et tellement « ailleurs » qu’on en oubli la montre.

Les petits ruisseaux   grandissent autour de nous et la ligne de l’eau se rapproche. Si la mer ne monte pas aussi vite  » qu’ un cheval au galop »,  elle  suit cependant mon allure qui est  assez  vive !

Pas vraiment le  temps de  traîner, il faut rentrer. Au passage,  nous  lavons les coquillages dans une mare d’eau claire  et nous remplissons notre seau d’eau de mer pour  laisser tremper les coquillages et leur permettre et rejeter  le sable.

Dans quelques heures je cuisinerai  ma pêche. Encore un moment  de bonheur car  les coquillages sont  toujours nettement meilleurs lorsque nous les avons pêchés.

J’espère que vous aurez apprécié  ce moment en ma compagnie et que vous aurez envie à votre tour  de nous faire partager vos  expériences de pêche à pied.